Préparer la terre aujourd'hui pour les paysan(ne)s à venir.

Les 9 associations du réseau INPACT organisent la 8ème semaine ardéchoise de l'installation-transmission paysanne. Ainsi, ce lundi 18 octobre, des personnes se retrouvaient pour échanger sur le thème de la transmission agricole à la Ferme des Rancs à Cros de Géorand.

 

Matthieu Poisson, ADDEAR, a ouvert les échanges et rappelé les problématiques économiques et psychologiques de la transmission d'exploitation avec les possibilités d'un accompagnement individuel et une solidarité entre cédants.

 

Cathy et Manu ont raconté leur parcours. Ces parisiens néoruraux ont trouvé la ferme des Rancs sur le site de la SAFER : Un coup d’coeur ! Depuis 15 ans, ils conduisent un troupeau de 24 chèvres laitières sur 20 ha de landes et prairies. Leur production fromagère en agriculture biologique est vendue sur les marchés de Sainte-Eulalie et Cros de Géorand et sur les 2 Biocoop du bassin d’Aubenas.

 

A maintenant, 5 ans de la retraite, Cathy a suivi une formation à la transmission avec l'ADDEAR, et ils ont tous deux participé à une activité d’écriture organisée par l’atelier des possibles au Monastier sur Gazeille sur le thème de la transmission agricole. Et après ? Manu soutient l’idée d’un habitat pour deux générations pour favoriser une transmission en douceur de l’activité. Il lui semble précieux d’avoir un accompagnement des politiques et des organismes partenaires. Solène et Etienne témoignent alors de leur rencontre et de leur cheminement pour la reprise de l’exploitation de Pierre Chanéac à Sagnes et Goudoulet, de l’accompagnement dont ils bénéficient, de l’importance d’un réseau pour se sentir soutenu.

Thierry Poulet chargé de mission politique d’accueil de la communauté de communes Montagne d'Ardèche présente la situation de notre territoire avec 100 dossiers de projets d’installation en cours, une inflation de l'immobilier, un territoire plus attractif notamment sur la partie Gerbier Mézenc et ce constat : 56 % du territoire en résidences secondaires. La maîtrise de l’urbanisme sur les 28 communes est une problématique et un plan local d’urbanisme intercommunal est en cours de construction. L'installation sur la montagne concerne aussi des actifs, qui acceptent une maison au coeur des villages mais souhaitent cependant avoir accès à un jardin partagé. Il met en garde : La transmission ne doit pas durer plus de deux ans, car il y a un risque de précarité des repreneurs.

 

Il rappelle que l’installation sur le territoire avec une combinaison d’activités et des diversifications agricoles sont essentielles. Cathy rebondit avec l’expression paysanne : " ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier ". Puis, elle poursuit sur l’historique de beaucoup d’exploitations consolidées génération après génération, au prix de longues années de travail. L’ancrage au lieu de vie est alors puissant. Et sans héritier, il est parfois plus facile de céder les terres aux enfants du voisin, question de confiance.

 

La deuxième partie de cet après-midi « ferme ouverte » a été consacré à des échanges sur le thème «Préparer la terre aujourd'hui pour les paysan(ne)s à venir », comment préserver les terres face au changement climatique. Manu et Cathy ont participé à la formation « planter des haies » initiée par Agribio Ardèche et ils entendent consacrer les années restantes à rendre leurs parcellaires plus bocager pour limiter l’impact des vents asséchants, procurer des zones d’ombre au bétail, créer des haies refuges pour une faune sauvage nécessaire à l’équilibre et à la biodiversité.  Ils sont accompagnés dans cette démarche par Agribio Ardèche, la Mission Haies et la LPO.