On ne les entend plus chanter.

René LAVASTRE a 82 ans et depuis 1954, il se passionne pour l’ornithologie : “Il y a 50 ans, nous pouvions voir évoluer sur une seule journée plus de 30 espèces d’oiseaux. J’observe une forte régression, surtout ces dernières années. ”

Le moineau friquet, je ne le vois plus depuis les années 80. C’est en quelque sorte le moineau des champs tandis que son congénère le moineau domestique est le moineau des villes. Les espaces ruraux à l’ancienne lui convenaient bien. Il picorait les graines dans le fumier des bêtes. Il trouvait à nicher dans de vieux arbres solitaires trônant au milieu d’un pré. 

La pipit des prés, dite pipit farlouse a totalement disparu à Cros de Géorand. Il y en avait tant et plus vers le lieu-dit le Champ. Son cri le plus fréquent, émis souvent à l'envol, est un "pit" incisif, souvent répété deux ou trois fois. On pouvait voir à l’automne leur regroupement, une cinquantaine d’oiseaux adultes avec leurs petits. Ils s’étaient reproduits chez nous, dans les prés de fauche avec des zones humides à proximité. La pipit farlouse nichant à terre, il lui fallait une vue dégagée pour sa sécurité. 

Le bruant fou a disparu d’un coup. Plus rare, on le voyait pourtant chaque année. Il faisait son nid dans de bas arbustes, voire dans un bosquet de genêts, s’y perchait pour chanter. A la belle saison, cet oiseau déguste des larves d’insectes, des graines. Il venait grapiller dans les jardins et farfouillait les éboulis pierreux. En hiver, il s’approchait des maisons.

René est intarrissable. Et ses connaissances considérables sont la promesse de futurs articles dédiés à l’ornithologie sur nos montagnes.

 Une nichée d'hirondelles

 

René LAVASTRE a 82 ans et depuis 1954, il se passionne pour l’ornithologie : “Il y a 50 ans, nous pouvions voir évoluer sur une seule journée plus de 30 espèces d’oiseaux à Cros de Géorand. J’observe une forte régression, surtout ces dernières années.

 

"Les hirondelles animent nos printemps, mais pour combien de temps ? L’hirondelle des cheminées est venue s’installer dans nos étables, ouvertes, éclairées et regorgeant de becquetance quand dans le Sud de la France, les tracteurs ont remplacé les chevaux.

Quand à l’hirondelle des fenêtres, si fragile, on la trouve à nouveau. Elle est venue construire son nid sous les tuiles rondes, juste là, sous l’avancée de toit. Ce sont les anciennes qui dirigent les plus jeunes lors des migrations.

Des familles entières reviennent de la lointaine Afrique guidées par les plus anciennes, Elles consolident leurs nids année après année avec de la terre et de la salive. C’est le nid de la famille. Il protège deux couvées dans la saison Une troisième espèce est l’hirondelle des rochers. J’ai observé le premier couple d’hirondelles des rochers à Cros de Géorand en 1962. Deux amoureux qui nichaient dans le mur du barrage du Gage. Cette espèce se réfugie en hiver dans les rochers du Var et de l’Hérault. Les hirondelles viendront tant qu’elles n’auront pas été décimées par les traitements de la vigne, le manque de nourriture, les prédateurs comme le faucon pèlerin et les aléas climatiques qui peuvent leur être fatal."

"Le moineau friquet, je ne le vois plus depuis les années 80. C’est en quelque sorte le moineau des champs tandis que son congénère le moineau domestique est le moineau des villes. Les espaces ruraux à l’ancienne lui convenaient bien. Il picorait les graines dans le fumier des bêtes. Il trouvait à nicher dans de vieux arbres solitaires trônant au milieu d’un pré. 

La pipit des prés, dite pipit farlouse a totalement disparu à Cros de Géorand. Il y en avait tant et plus vers le lieu-dit le Champ. Son cri le plus fréquent, émis souvent à l'envol, est un "pit" incisif, souvent répété deux ou trois fois. On pouvait voir à l’automne leur regroupement, une cinquantaine d’oiseaux adultes avec leurs petits. Ils s’étaient reproduits chez nous, dans les prés de fauche avec des zones humides à proximité. La pipit farlouse nichant à terre, il lui fallait une vue dégagée pour sa sécurité. 

Le bruant fou a disparu d’un coup. Plus rare, on le voyait pourtant chaque année. Il faisait son nid dans de bas arbustes, voire dans un bosquet de genêts, s’y perchait pour chanter. A la belle saison, cet oiseau déguste des larves d’insectes, des graines. Il venait grapiller dans les jardins et farfouillait les éboulis pierreux. En hiver, il s’approchait des maisons."

René est intarissable. Et ses connaissances considérables sont la promesse de futurs articles dédiés à l’ornithologie sur nos montagnes.